Dans le Désert
Journal de bord
Récit

Jordanie : Là où tout a commencé (mes premiers 100 km)

Comment passe-t-on de coureur du dimanche à marcheur de l'extrême ? Je vous raconte mes premiers pas dans le désert jordanien : 100 km entre roches rouges, erreurs de sac à dos trop lourd et rencontres décisives. C'est ici que mon addiction au sable a commencé.

Avant de viser la Namibie avec k-lif.com, il faut que je vous parle de ma “première fois”. En 2022, je cliquais sur “inscription” pour le Half Marathon des Sables en Jordanie. Pourquoi ? Pour le décor de carte postale du Wadi Rum, la promesse de voir Pétra et un format qui me semblait, sur le papier, atteignable.

L’inconnu et la chaleur

Vivant à Manille, la chaleur ne m’effrayait pas trop. Je suis habitué à transpirer ! Mais le désert, c’est une autre planète. J’avais cette appréhension classique : « Et s’il se passe ceci ? Et si je ne tiens pas cela ? ». Je partais pour 70 km, mais une fois dans l’ambiance, j’ai finalement poussé jusqu’aux 100 km. Un exploit qui me paraissait pourtant impossible quelques mois plus tôt.

Mes erreurs de “bleu”

On ne va pas se mentir : j’ai fait presque toutes les erreurs possibles sur le matériel.

Le sac : 10 kg sans l’eau… Un calvaire. Trop d’objets inutiles et un sac pas assez technique.

  • La nourriture : Un rapport poids/calories catastrophique.
  • Les douanes : Encore une fois, mes achats européens n’ont jamais atteint les Philippines à temps.
  • Côté effort, j’ai essayé de courir… environ 5 minutes. Le poids du sac et le premier obstacle m’ont vite rappelé à l’ordre : ce serait une aventure de marcheur, et à un bon rythme !

Le coup de foudre pour le Wadi Rum

Si le Sahara est immense, le Wadi Rum est envoûtant. Ses roches rouges et ses canyons m’ont marqué bien plus que le Maroc. Mon plus beau souvenir ? Ce coucher de soleil sur le bivouac. Une lumière unique, un silence profond… un moment gravé à vie.

L’ambiance était aussi très spéciale. Nous n’étions que 150 sous un grand barnum (une grande tente commune). C’est là, entre deux récits de préparation et quelques blagues pour oublier la fatigue, que j’ai découvert mes futurs compagnons de route pour le Maroc.

Le contrecoup

Sur la ligne d’arrivée, j’étais sur un nuage, plein d’énergie. La réalité m’a rattrapé au retour : 10 jours de fatigue physique intense et un bon mois pour retrouver mon équilibre psychologique. Mais le virus était là. Quand l’invitation pour le “Legendary” (250 km) est tombée quelques jours plus tard, je n’ai pas hésité. J’avais prouvé que je pouvais faire 100 km, alors pourquoi pas plus ?

C’est cette même envie de découverte qui m’emmène aujourd’hui en Namibie. Cette fois, le sac sera plus léger, mais l’enthousiasme reste le même !