Dans le Désert
Journal de bord
Récit

MDS : 5 erreurs à faire pour vivre un enfer

Le désert est une partie d'échecs contre l'imprévu. Pourquoi j'ai failli abandonner au Sahara à cause de mes guêtres ? Comment un "sac de la kiffance" de 12,5 kg peut briser votre moral ? Je vous livre mes 5 erreurs majeures, de la gestion de l'hygiène au piège de la nouveauté. Un partage d'expérience brut pour ceux qui veulent aller au bout sans transformer l'aventure en calvaire. Pas de leçons, juste du vécu (et quelques grammes en moins).

MDS : 5 erreurs à faire pour vivre un enfer

On part souvent dans le désert avec des rêves de grands espaces et d’aventure. C’est bien. Mais on y part aussi parfois avec des certitudes et 12,5 kg sur le dos. Et là, c’est moins bien.

Après la Jordanie et le Sahara, j’ai compris une chose : le Marathon des Sables, ce n’est pas une course de vitesse, c’est une partie d’échecs contre l’imprévu. Voici comment j’ai failli perdre la partie, et comment vous pouvez éviter de faire de même.

1. Jouer au plus malin avec le matériel

Le bon choix à faire

En Jordanie, mes guêtres de rando classiques avaient fait le job. Alors pour le Sahara, j’ai voulu reprendre les mêmes (bien aidé par les douanes Philippines). Erreur fatale. Le sable du Wadi Rum est un gravier grossier comparé à la poussière impalpable du Maroc.

Pourquoi ce choix ? Un bête problème de livraison aux Philippines. Impossible de trouver les guêtres “officielles” sur Shopee ou Amazon. Résultat : j’ai dû m’arrêter toutes les 15 minutes pour vider mes pompes. À l’étape 2, j’étais prêt à jeter l’éponge par pure frustration. Un gars de l’orga m’a sauvé avec une phrase toute simple : « Tu dois accepter la situation, t’as pas le choix. » J’ai accepté, et c’est devenu (un peu) plus supportable. La leçon : Si l’orga recommande un équipement spécifique, n’essayez pas d’innover. Le désert a toujours raison.

2. L’hygiène : le calcul qui tue

Le rêve de chaque participant

Oubliez la douche. Dans le désert, l’eau est une monnaie rare. On vous donne 8 litres par jour. Ça paraît énorme ? Sortez la calculatrice :

  • 1,8 L pour les repas (lyophilisé matin, midi, soir).
  • 2 L pour remplir les gourdes du lendemain.
  • 0,8 L pour le bouillon de récupération.
  • 2,5 L pour boire (le minimum vital).

Il vous reste à peine 1 litre pour “tout” le reste. Ma technique ? Les lingettes bébé (même si ça pèse dans le sac), serviette compressée et le gel hydroalcoolique. Un conseil d’ami : gardez vos mains propres. Une gastro au milieu des dunes, c’est la fin du rêve. Pas besoin de vous faire un dessin.

3. Le “Sac de la kiffance”

Ne chargez pas le sac

Un sac trop lourd, ça se paye cash dès le premier kilomètre. J’ai vu une amie partir avec 12,5 kg. Elle avait tout : charcuterie, M&M’s, couverture de confort… Le “sac de la kiffance”, qu’elle disait. La kiffance a duré deux heures. Après, ses pieds ont ramassé, son moral a plongé et elle a fini par distribuer sa nourriture à toute la tente pour s’alléger.

Mes astuces de rat :

  • Virez les emballages d’origine, passez tout en Ziploc (gain : 150g).
  • Coupez votre matelas en deux (gain : 300g).
  • Si vous vous dites “au cas où”, sortez l’objet du sac. Sauf pour la sécurité, le “au cas où” n’existe pas dans le désert.

4. Vous n’êtes pas David Goggins

Restez humble

Il fait 47°C. Le sol est fuyant. Votre corps n’est pas habitué. L’orga nous dit souvent qu’on perd une minute au kilomètre par rapport à notre vitesse habituelle sur le plat. Dans le sable, n’en parlons même pas. Étant diabétique, je suis peut-être plus attentif que d’autres aux signaux d’alerte. Je ne cours pas pour le chrono, je marche pour le paysage. Si je sens que ça chauffe trop, je pose le sac. Écoutez les médecins, ils sont là pour ça. N’attendez pas que la situation dégénère, ça va très vite dans le sable.

5. La “Nouveauté” (La fausse bonne idée)

Restez humble

Vous découvrez un gel énergétique miracle ou une nouvelle paire de chaussettes trois jours avant le départ ? Laissez-les dans le tiroir. Le MDS est le pire endroit pour tester des trucs. Soyez conservateurs. Restez sur ce que vous avez validé à l’entraînement, même si c’est “ennuyeux”. La nouveauté dans le désert, c’est souvent le début des problèmes gastriques ou des ampoules surprises.

Conclusion

S’il n’y avait qu’une erreur à retenir, c’est le poids du sac. C’est un handicap que vous portez physiquement et mentalement chaque seconde. Soyez impitoyables avec vos grammes.

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