Optimiser son sac : la chasse aux grammes
Le guide de l'optimisation : Pourquoi chaque gramme compte sur un Marathon des Sables. Découvrez comment j'ai réduit le poids de mon équipement à 6,5 kg : choix du sac, organisation interne et astuces pour le matériel médical lié au diabète. La règle d'or ? Ne jamais avoir à poser le sac pendant l'étape.
À quelques jours du départ pour la Namibie, mon salon ressemble à un laboratoire de pesée de précision. Pour un Marathon des Sables, le sac n’est pas qu’un contenant : c’est ton meilleur allié ou ton pire ennemi. Après deux éditions à subir un matériel mal adapté, j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure.
Voici comment j’ai fait tomber le poids de mon sac à 6,5 kg (objectif 6 kg avant le départ).
1. Le contenant : enfin le bon outil
Mes deux précédents MDS se sont faits avec “les moyens du bord”. Un sac trouvé aux Philippines, capable de porter la charge, mais absolument pas conçu pour courir. Résultat : un balancement permanent, aucun maintien à la ceinture et un inconfort total.
Cette année, miracle : j’ai enfin reçu le sac officiel WAA (merci les douanes Philippines). Testé avec du poids, c’est le jour et la nuit. Le maintien est parfait, l’organisation pensée pour le désert. C’est con à dire, mais avoir un bon outil, ça donne physiquement envie de courir.
2. Le pilotage par la donnée
Avant même de toucher à un sachet zip ou de sortir la balance, tout s’est joué sur mon écran. Pour éviter de partir avec “trop” ou de manquer du vital, j’ai créé un fichier de suivi précis. L’idée est simple : visualiser chaque repas jour après jour, calculer l’apport calorique exact pour chaque étape et anticiper le poids total au gramme près. C’est ce qui permet d’arbitrer sereinement : “Est-ce que ce sachet de noix de cajou vaut vraiment ses 150g sur mon dos ?”
D’ailleurs, si vous préparez un projet similaire, je vous partage mon fichier d’organisation ici. C’est ma base de travail pour ne rien oublier et partir l’esprit léger.
3. La guerre au poids : l’art du “repack” et de la découpe
L’optimisation, c’est souvent une question de détails qui s’additionnent.
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La nourriture : Je reste fidèle aux plats Mountain House. Mais, j’ai tout reconditionné dans des sachets zip. Résultat : je passe de 145g à 126g par plat. Sur 10 repas, j’ai économisé 250g. Un quart de kilo gagné juste en changeant de plastique. Petite astuce supplémentaire : j’ai tout de même conservé deux emballages d’origine pour m’en servir de “bol” et faire le mélange avec l’eau chaude. Ça demandera un peu plus de vaisselle au bivouac, mais le gain de poids sur l’étape en vaut largement la peine.
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Le couchage : Le duel matelas gonflable (510g) vs tapis de sol (480g) a été vite plié. Pourquoi ? Parce que le tapis de sol, on peut le découper (et il risque pas de crever). Après une coupe “proportionnée” à ma taille, il ne pèse plus que 295g. Presque 40% de gain. Le confort sera sommaire, mais le dos me remerciera en montée.
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Le réchaud : On reste sur le minimalisme. Un réchaud Esbit standard et un trou dans le sable pour couper le vent. Seul bémol : impossible de trouver des pastilles Esbit légères aux Philippines. Je pars avec des combustibles plus lourds, en espérant en trouver des vraies à la boutique du MDS avant le départ. Sinon, ce sera mon “plan B” lesté.
4. Ne jamais poser le sac
La règle d’or : une fois le sac sur le dos le matin, je ne veux plus l’enlever avant le bivouac.
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Poches latérales : Collation, crème solaire, matériel de sécurité et, bien sûr, mon lecteur de glycémie. Tout est à portée de main.
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Poitrine : Les réserves d’eau.
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Organisation interne : Tout est compartimenté dans des sachets zip. La bouffe au fond (utilisation le soir), les vêtements en haut (plus accessibles si besoin). Chaque chose a sa place, ça évite de vider son sac dans le sable en pleine tempête.
5. Le strict nécessaire
Niveau médical, je vais à l’essentiel : les médocs pour 4 jours, l’insuline (qui ira au frais dans la tente médicale) et mon lecteur. C’est léger et vital. Pour le reste ? Rien. Pas de luxe, pas d’objet “au cas où”.
Bilan : 6,5 kg sur la balance
Sans l’eau, je suis à 6,5 kg. C’est correct, mais je sens que je peux encore gratter quelques grammes pour atteindre les 6 kg tout rond. Sur une course où l’on porte tout pendant 4 jours, chaque calorie économisée par le corps pour porter le sac est une calorie de plus pour avancer.

